Commune IV de Bamako : plus de 62 millions de FCFA d’irrégularités non justifiées après vérification
Une mission de vérification financière de la gestion de la Commune IV du District de Bamako met en lumière de graves insuffisances administratives et financières. Au total, des irrégularités évaluées à plus de 83,48 millions de FCFA ont été relevées sur la période allant de 2022 au 30 juin 2025.
Selon les conclusions de cette mission, 20,73 millions de FCFA ont pu être régularisés au cours des travaux. Toutefois, un montant conséquent de 62,74 millions de FCFA reste à ce jour non justifié, soulevant des préoccupations sur la gestion des ressources publiques au niveau communal.
L’audit avait pour objectif de vérifier la régularité et la sincérité des opérations de recettes et de dépenses, ainsi que la conformité des actes de gestion des organes délibérants et exécutifs. Les investigations ont couvert plusieurs domaines, notamment l’exécution des dépenses de fonctionnement et d’investissement, la mobilisation et le reversement des recettes, la gouvernance administrative, la gestion de l’état civil et la tenue de la comptabilité-matières.
De nombreuses irrégularités administratives
La mission a constaté plusieurs manquements dans l’organisation administrative. Parmi les principales insuffisances comme l’absence de tenue complète des documents de la comptabilité-matières, une gestion irrégulière des registres d’état civil, le défaut d’information des soumissionnaires non retenus lors des appels d’offres et l’absence de rapports financiers réguliers produits par la Direction régionale du contrôle financier.
Face à ces défaillances, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment à l’endroit du maire, du comptable-matières, de l’officier d’état civil et du Directeur régional du contrôle financier, afin de renforcer la transparence et le respect des textes en vigueur.
Sur le plan financier, les anomalies relevées concernent plusieurs postes clés avec
33,59 millions de FCFA liés au non-reversement de recettes issues des mariages, 8,47 millions de FCFA de taxes municipales non recouvrées, des avantages indus pour plus de 14 millions de FCFA, 2,62 millions de FCFA de taxes collectées mais non reversées et 3,8 millions de FCFA pour des travaux jugés non conformes.
Des suites judiciaires engagées !
Les faits jugés susceptibles de constituer des infractions à la législation budgétaire et financière ont été transmis aux autorités compétentes. Le dossier a ainsi été porté devant le Président de la Section des Comptes de la Cour suprême ainsi que le Procureur de la République financier.
Cette vérification met en évidence des défis majeurs en matière de gouvernance locale et appelle à un renforcement des mécanismes de contrôle pour garantir une gestion rigoureuse des deniers publics.
AC
