Mines : Le Mali reprend le contrôle de ses ressources stratégiques

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Dans le cadre de la célébration des cinq ans de la Transition, le ministère des Mines dresse le bilan des réformes engagées pour renforcer la souveraineté économique du Mali dans le secteur extractif. Sous le slogan « Que l’or brille pour les Maliens », les autorités mettent en avant une nouvelle gouvernance minière basée sur le contrôle accru des ressources nationales et une meilleure redistribution des retombées.

Lors d’une rencontre avec les acteurs du secteur, la société civile et la presse, le ministre des Mines, le Pr Amadou Keïta, a expliqué que le Mali a décidé de reprendre le contrôle de l’exploitation de ses ressources minières dans un contexte international marqué par une véritable « guerre des ressources ». Depuis 2021, plusieurs réformes majeures ont été engagées, notamment l’adoption du Code minier de 2023 et de la loi sur le Contenu local, destinées à accroître la participation nationale dans le secteur. Ces textes permettent désormais à l’État et aux investisseurs privés maliens de détenir jusqu’à 35 % de participation dans les projets miniers, contre 20 % auparavant. Le gouvernement met également en avant l’assainissement du secteur à travers des audits ayant permis de récupérer plus de 760 milliards de FCFA au titre des redevances et impôts dus par certaines compagnies minières.

La création et la redynamisation de cinq fonds miniers constituent également l’un des piliers de cette réforme. Parmi eux, le Fonds minier de développement local a permis, en 2026, la redistribution de 18,4 milliards de FCFA au profit de 819 communes maliennes pour financer des infrastructures dans les domaines de la santé, de l’eau et de l’éducation. A cela, la loi sur le Contenu local impose désormais aux entreprises minières de privilégier l’emploi des cadres maliens et de recourir davantage aux entreprises nationales pour leurs activités de sous-traitance. Selon le ministre des Mines, les mécanismes de gouvernance de ce dispositif sont aujourd’hui opérationnels. La réforme a aussi supprimé certains avantages fiscaux jugés excessifs, notamment les clauses de stabilité fiscale empêchant l’État d’adapter la fiscalité en fonction de l’évolution des cours de l’or. Toutefois, les exonérations douanières ne sont désormais plus accordées aux sociétés minières pendant la phase d’exploitation. Dans la lutte contre l’exploitation illégale des ressources, la création de la Brigade spéciale des Mines vise à renforcer le contrôle des activités minières, protéger l’environnement et sécuriser les zones d’orpaillage artisanal.

Au-delà de l’or, le Mali mise désormais sur la diversification de ses ressources. Le projet de lithium de Bougouni, qui vient s’ajouter à celui de Goulamina, place le pays parmi les principaux producteurs africains de lithium en 2026, avec des prévisions combinées dépassant 590 000 tonnes de concentré de spodumène. Le ministère des Mines poursuit également la mise en place d’un nouvel écosystème institutionnel avec la création de structures comme la Société du Patrimoine minier du Mali (SOPAMIM), la Société d’Exploitation des Ressources Minérales du Mali (SOREM), l’Office malien des substances précieuses (OMASP) ou encore le Commissariat chargé des Activités minières.

Dans le cadre de la coopération avec la Russie, le Mali accompagne la construction d’une usine de raffinage d’or destinée à valoriser davantage la production nationale. Un projet d’usine d’explosifs industriels est également en cours pour réduire la dépendance aux importations. Pour les prochaines années, le ministère entend poursuivre cette dynamique à travers le renforcement du capital humain, l’opérationnalisation de l’École des Mines et du Pétrole et l’accélération de la diversification minière.

Datanewsmali

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