Développement humain : 46,6 % des Maliens vivent dans une situation de pauvreté multidimensionnelle

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Selon le rapport de l’indice de Pauvreté Multidimensionnelle au Mali (IPM-Mali, 2023), l’incidence de la pauvreté (H) indique que près de la moitié de la population (46,6 %) vivent dans une situation de pauvreté multidimensionnelle, soit un peu plus de dix millions de Maliens. L’intensité de la pauvreté (A), quant à elle, montre que chaque personne pauvre au Mali est, en moyenne, privée dans 69,4 % des indicateurs pondérés, ce qui signifie qu’elle est confrontée à des privations dans près de trois dimensions et demie de la pauvreté.

 

 

Les rapport indique les privations les plus fréquemment associées à la pauvreté multidimensionnelle au Mali incluent le faible achèvement de l’enseignement fondamental (44,0 % de maliens sont pauvres et privés dans cet indicateur), le manque d’accès à l’assurance maladie (46,4 %), l’absence de systèmes d’évacuation adaptés pour les eaux usées (44,8 %) ainsi que pour les ordures ménagères (42,6%), la vulnérabilité de l’emploi (44,0 %), et le manque d’accès à l’information (40,4 %). La réduction de ces privations constitue une priorité pour diminuer significativement l’IPM-Mali et améliorer les conditions de vie des populations.

L’incidence de la pauvreté en milieu rural est significativement plus élevée qu’en milieu urbain (54,4 % contre 21,4 %) et en est de même pour l’intensité de la pauvreté et la valeur de l’IPM, ce qui signifie que les zones rurales sont les plus touchées par la pauvreté, qui requièrent l’attention particulière des politiques. Par contre, le District de Bamako a l’incidence la plus faible avec 12,6 % contre 30,6 % pour les autres villes.

Le groupe des régions constitué de Kayes, Mopti, Tombouctou, Kidal et Taoudenni présente des niveaux élevés de pauvreté multidimensionnelle qui ne sont pas significativement différents entre eux. La région de Ménaka est la plus pauvre du pays, avec un taux de pauvreté de 93,4 %, une intensité de pauvreté égale à 82,1 %, et un IPM de 0,767. Ce dernier chiffre est neuf fois plus élevé qu’à Bamako, la région la moins pauvre du Mali.

 

Les enfants sont les plus touchés par la pauvreté multidimensionnelle au Mali. Les moins de 15 ans, qui représentent près de la moitié de la population, ont un IPM de 0,347 et une incidence de 50 %. Les 0–17 ans suivent une tendance similaire. À l’inverse, les jeunes de 15 à 24 ans sont les moins affectés par la pauvreté multidimensionnelle, avec un IPM de 0,268 et une incidence de 38,8 %. Chez les personnes de la tranche d’âge 25-34 ans, l’incidence et l’intensité de la pauvreté ainsi que la valeur de l’IPM, sont proches de la moyenne nationale. L’intensité de la pauvreté reste similaire pour tous les groupes d’âge.

 

Les ménages de petite taille (1 à 3 personnes), bien qu’ils ne représentent que 3,8 % de la population, affichent un IPM de 0,260 et un taux de pauvreté de 38,8 %, soit des niveaux inférieurs à la moyenne nationale et aux autres types de ménages. D’autre part, les ménages formés d’au moins 4 personnes, sont les plus pauvres : ceux de 4 à 6 personnes présentent un IPM de 0,314 et un taux de pauvreté de 45,1 %, tandis que les ménages de 7 à 10 personnes et ceux de plus de 10 personnes atteignent des niveaux d’IPM similaires, respectivement 0,331 et 0,329, avec des taux de pauvreté de 47,4 % et 47,6 %.

 

L’analyse des contributions de chaque indicateur à l’IPM-Mali montre que les indicateurs de la dimension Education sont les plus déterminants de la pauvreté, particulièrement l’indicateur d’années de scolarité (les privations dans cet indicateur contribuent à hauteur de 13,6 % à la valeur de l’IPM). Elle est suivie de la dimension santé par les privations en assurance maladie (9,6 %), et enfin par la dimension d’emploi où c’est l’indicateur d’emploi vulnérable qui contribue le plus à l’IPM (9,1 %).

 

Cette analyse de la composition de la pauvreté est également menée pour chaque groupe de population étudié, permettant ainsi d’orienter efficacement les actions en assurant un ciblage stratégique et coordonné. Enfin, l’IPM-Mali ne remplace pas la mesure de la pauvreté monétaire mais la complète, afin d’orienter plus efficacement les politiques publiques vers une éradication totale de la pauvreté sous toutes ses formes.

 

L’analyse de chevauchement entre les deux mesures met en évidence qu’un peu plus d’un quart de maliens (26,2 %) cumulent les deux formes de pauvreté, et le chiffre s’élève à 28,6 % chez les enfants âgés de 0 à 17 ans. Par ailleurs, 20,4 % des individus sont en situation de pauvreté multidimensionnelle sans être considérés comme pauvres sur le plan monétaire, tandis que 17,8 % sont pauvres monétairement, mais non multidimensionnellement.

 

Les tests de robustesse menés montrent que l’ordre de classement entre les régions du Mali (y compris le district de Bamako) selon la valeur de leur IPM, est stable et maintenu la plupart du temps (90,7 %) lorsque le seuil de pauvreté est modifié entre les valeurs de 50 % (privé dans au moins deux dimensions et demie) et 70 % (privé dans au moins trois dimensions et demie). Ces résultats soulignent de la robustesse technique de l’IPM-Mali, ce qui offre une base solide et stable pour la conception et l’action coordonnées de réduction de la pauvreté multidimensionnelle au Mali.

autour de 69 %, ce qui signifie que les personnes pauvres font face à peu près au même nombre de privations, quel que soit leur âge.

Les ménages de petite taille (1 à 3 personnes), bien qu’ils ne représentent que 3,8 % de la population, affichent un IPM de 0,260 et un taux de pauvreté de 38,8 %, soit des niveaux inférieurs à la moyenne nationale et aux autres types de ménages. D’autre part, les ménages formés d’au moins 4 personnes, sont les plus pauvres : ceux de 4 à 6 personnes présentent un IPM de 0,314 et un taux de pauvreté de 45,1 %, tandis que les ménages de 7 à 10 personnes et ceux de plus de 10 personnes atteignent des niveaux d’IPM similaires, respectivement 0,331 et 0,329, avec des taux de pauvreté de 47,4 % et 47,6 %.

 

L’analyse des contributions de chaque indicateur à l’IPM-Mali montre que les indicateurs de la dimension Education sont les plus déterminants de la pauvreté, particulièrement l’indicateur d’années de scolarité (les privations dans cet indicateur contribuent à hauteur de 13,6 % à la valeur de l’IPM). Elle est suivie de la dimension santé par les privations en assurance maladie (9,6 %), et enfin par la dimension d’emploi où c’est l’indicateur d’emploi vulnérable qui contribue le plus à l’IPM (9,1 %). Cette analyse de la composition de la pauvreté est également menée pour chaque groupe de population étudié, permettant ainsi d’orienter efficacement les actions en assurant un ciblage stratégique et coordonné.

 

Enfin, l’IPM-Mali ne remplace pas la mesure de la pauvreté monétaire mais la complète, afin d’orienter plus efficacement les politiques publiques vers une éradication totale de la pauvreté sous toutes ses formes. L’analyse de chevauchement entre les deux mesures met en évidence qu’un peu plus d’un quart de maliens (26,2 %) cumulent les deux formes de pauvreté, et le chiffre s’élève à 28,6 % chez les enfants âgés de 0 à 17 ans. Par ailleurs, 20,4 % des individus sont en situation de pauvreté multidimensionnelle sans être considérés comme pauvres sur le plan monétaire, tandis que 17,8 % sont pauvres monétairement, mais non multidimensionnellement.

Les tests de robustesse menés montrent que l’ordre de classement entre les régions du Mali (y compris le district de Bamako) selon la valeur de leur IPM, est stable et maintenu la plupart du temps (90,7 %) lorsque le seuil de pauvreté est modifié entre les valeurs de 50 % (privé dans au moins deux dimensions et demie) et 70 % (privé dans au moins trois dimensions et demie). Ces résultats soulignent de la robustesse technique de l’IPM-Mali, ce qui offre une base solide et stable pour la conception et l’action coordonnées de réduction de la pauvreté multidimensionnelle au Mali.

 

Rappelons que l’indice de la pauvreté multidimensionnelle du Mali (IPM-Mali) est une statistique officielle permanente qui mesure la pauvreté multidimensionnelle au Mali. Elle complète la mesure de la pauvreté monétaire, et permet ainsi une meilleure compréhension de l’ampleur et des caractéristiques de la pauvreté au Mali, afin de mieux orienter des actions ciblées pour réduire efficacement la pauvreté dans le pays.

Rapport de l’indice de Pauvreté Multidimensionnelle au Mali (IPM-Mali, 2023)

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